Nos chèvres..., Notre élevage...
Notre attachement « au respect et au bien- être de l’animal » orientent véritablement nos choix et nos modes de conduite d’élevage, afin de voir s’épanouir nos animaux dans une chèvrerie totalement appropriée à leur nature, des tables de jeux y étant installées. De temps à autres et tour à tour, un petit groupe peut même aller pâturer et gambader dans les champs d’à côté.
S’agissant d’une litière accumulée, les chèvres peuvent, chaque matin, courir, sauter, s’allonger dans la paille toute fraîche et sèche, qui est systématiquement étalée. Chaque semaine, à un jour fixe, un curage total est réalisé selon un planning de turn over sur l’ensemble de la chèvrerie.
Nos chèvres se nourrissent de foin, produit dans les champs des fermes de « La Barre » et de « Brideul » et distribué en libre service à volonté en râteliers. Un complément de maïs grain, d’aliment de production et de luzerne déshydratée, produit dans la pleine champenoise et indispensable au mécanisme digestif des ruminants, est distribué par un robot d’alimentation à des heures fixes de la journée.
Nos chèvres rejoignent la salle de traite 2 fois par jour, le matin à 6h45 et le soir à 16h00. C’est un moment privilégié pour elles comme pour nous. Les chèvres sont très disciplinées et c’est un moment de contact lors duquel elles expriment leur sentiment naturel d’affection à leur trayeur qui, lui même, ne peut que évidemment et simplement leur rendre. Chaque jour, chaque chèvre nous donne entre 3 et 4 litres de son délicieux lait.
La chèvre est un animal saisonné, ce qui signifie que son cycle de reproduction est régulé par les saisons de l’année. Les chaleurs intervenant naturellement durant les mois de septembre-octobre, elle donnera naissance à ses chevreaux, après 5 mois de gestation, soit en février-mars. Toutefois, il est possible de « déssaisonner » les chèvres par un effet lumière qui a pour but de reproduire les jours longs et les jours courts permettant de moduler ainsi les saisons. Ce déssaisonnement permet de mieux répartir le travail de l’éleveur et de donner plus d’attention aux chèvres qui mettent-bas et aux chevreaux car, sinon, il doit s’occuper de très nombreuses mises-bas et de très nombreux chevreaux sur une période restreinte.
A « La Barre », la moitié des chèvres met bas au mois de septembre et l’autre moitié met bas au mois de mars ; elles sont repérées par un collier noir. On parle de « mise-bas » ou de « chevrotage ». Les saillies se font de façon naturelle c’est à dire que les boucs rejoignent les chèvres (1 bouc pour 20 chèvres) respectivement en avril et en octobre. La chèvre donne naissance à son premier chevreau vers l’âge d’un an et, c’est bien sûr, qu’à partir de ce moment, qu’elle entre alors en lactation. Elle continuera d’avoir des petits et de produire du lait pendant, en moyenne 4 à 5 autres années.
La chèvre donne, en moyenne, naissance à 2 chevreaux. Elle met bas très rarement la nuit mais plutôt entre tôt le matin et tard le soir avec un pic au moment de la mi-journée. Deux versions différentes expliquent ce phénomène : l’une dit que, pour mettre-bas, elle attendra que son éleveur, en qui elle a confiance, soit présent ; l’autre dit que de son instinct sauvage gardé, elle ne mettra bas que dans le courant de la journée, afin que son petit ait quelques heures de vie pour avoir la force de se mettre à l’abri des prédateurs avant la nuit. Pour des raisons sanitaires et aussi parce que la chèvre n’est pas très maternelle, les chevreaux sont retirés à la naissance, afin de pouvoir leur assurer une parfaite prise du colostrum sécrété par leur mère en fin de gestation et contenant de nombreux constituants comme des protéines, des glucides, des lipides, des vitamines ainsi que des minéraux. De cette parfaite prise colostrale, dépend la parfaite immunité du chevreau puisque ce colostrum contient également de nombreux anticorps permettant ainsi d’activer son système immunitaire face au microbisme de l’élevage.
L’administration du colostrum doit se faire au plus vite après la naissance car l’intestin devient très rapidement hermétique aux Anticoprs, qui ne peuvent plus passer dans la circulation sanguine (aucun passage après 24 heures). Il doit être administré en quantité suffisante soit 10 % du poids du chevreau et doit être d’une excellente qualité, mesurable avec un appareil appelé « réfractomètre » permettant d’évaluer la concentration en anticorps du colostrum par modification de la réfraction de la lumière. Le colostrum étant vecteur de plusieurs maladies (CAEV, Mycoplasmose, Paratuberculose) contaminant ainsi les chevrettes dès leur naissance, le colostrum maternel aura été thermisé (chauffé au bain-marie à 56°C pendant 1 heure) au préalable de l’ingestion, afin d’apporter des garanties sanitaires sans compromettre la spécificité de l’immunité.
Les buvées suivantes seront apportées par un distributeur automatique d’allaitement, aussi appelé « louve ». Après une phase d’apprentissage, les chevreaux ont librement accès aux stations d’allaitement pour se restaurer. Chaque matin et chaque soir, nous nous assurons que chaque chevreau a bu convenablement. Vers l’âge de 3 semaines, paille, foin et aliments solides sont introduits progressivement aux menus. Les chevreaux sont sevrés à l’âge d’environ 2 mois.
Toutes les chevrettes sont gardées à « La Barre », soit pour renouveler le troupeau en remplacement des chèvres laitières vieillissantes, soit pour peupler d’autres élevages. Les chevreaux mâles partent à 4 jours dans un atelier d’engraissement, lors duquel nous nous engageons dans une démarche de continuité du bien-être animal notamment lors de leur transport de « La Barre » vers l’atelier d’engraissement, dans lequel il sera également respecté.
A « La Barre », la pratique dite « d’ébourgeonnage ou d’écornage » est réalisée pour la sécurité des animaux qui risquent de se blesser. Pour cela, on cautérise la zone où pousse la corne chez les très jeunes chevreaux (le bourgeon). La douleur engendrée par cette méthode est totalement considérée par l’application d’un produit anesthésique, analgésique et anti-inflammatoire. Très exceptionnellement, une chèvre peut naturellement naître sans corne, on dit alors qu’elle est « motte ».